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Cash investigation : les réseaux sociaux exigent des réponses, Huawei s’excuse de son agressivité

Cinq jours après l'émission Cash Investigation, les internautes continuent de faire pression sur les réseaux sociaux des fabricants de smartphones. Aucune communication chez Samsung, rétropédalage chez Huawei et excuses à minima chez d'autres.

Depuis la diffusion mardi dernier de Cash Investigation sur France 2, les réseaux sociaux des grands fabricants de smartphones sont au supplice. Présentée par Élise Lucet, l’émission a mené une enquête à charge sur la manière dont sont conçus nos appareils mobiles. Une enquête de 9 mois qui les a conduit en France, mais également à Barcelone (au cours du Mobile World Congress), en Chine et en République du Congo. Si tous les constructeurs étaient visés par l’enquête, certains comme Samsung, Nokia, Wiko et Huawei ont eu la désagréable surprise de se retrouver directement interpellés par l’équipe de Cash Investigation. Pris au dépourvu, les échanges ont été musclés (notamment avec le responsable de Huawei) et la plupart, sauf Wiko, n’ont tout simplement pas répondu aux questions d’Élise Lucet.

Impact sur l’environnement, corruption, exploitation d’enfants, conditions de travail épouvantables pour extraire les minéraux rares dont ont besoin nos appareils : des informations qui ont soulevé indignation et colère chez des centaines d’internautes qui ont exigé des réponses ou exprimé leur réprobation de façon souvent virulente sur les réseaux Facebook et Twitter des constructeurs.

Cash investigation
Les consommateurs ont réagi vivement à l'émission sur les réseaux sociaux (#Cashinvestigation)

Samsung : Je ne vois rien, je n’entends rien, je ne dis rien

La page Facebook de Samsung est la plus attaquée : mais toutes les demandes d’explications et toutes les invectives des internautes, dont nombreux sont bien sûr clients de l’enseigne coréenne, ne reçoivent aucune réponse. Une stratégie radicale qui parie sur un essoufflement de l’indignation « populaire » avant de revenir au « business as usual ». Un silence glacial que certains trouvent méprisant et qui prouverait selon eux le cynisme du fabricant. Du coup, certains clients lui disent « adieu !!! ».

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Samsung en prend également pour son grade! Les pages Facebook de LG, Sony, Wiko et HTC sont également visées mais dans une moindre mesure

Huawei obligé de s’excuser pour ses attaques contre Elise Lucet

Beaucoup cette semaine ont aussi vu François Quentin, le président de Huawei France, menacer Elise Lucet verbalement. « J’ai activé tous mes réseaux et madame Lucet n’aura plus aucun grand patron en interview, sauf ceux qui veulent des sensations extrêmes ou des cours de Media Training ! » a-t-il révélé jeudi lors des Assises de l’industrie, organisées par L’Usine Nouvelle. Cette nouvelle surenchère provoque là aussi un tollé général sur Twitter où le président est pris à partie.

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François Quentin pris à parti sur les réseaux sociaux.

La fronde des internautes a porté ses fruits : samedi matin, François Quentin, opère un rétropédalage d’anthologie et assure regretter ses propros « mal exprimés ».

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Alcatel, Microsoft et Wiko font leur mea culpa (un peu)

Wiko est le seul à avoir réagi en direct aux questions de l’émission. Son directeur français s’est dit choqué de découvrir que l’un de ses principaux fournisseurs faisait travailler des enfants et a assuré qu’il arrêterait sa collaboration avec cette usine. Une candeur et une indignation affichée qui laissent dubitatifs les internautes mais qui a eu un effet positif : Wiko a désamorcé – en partie – la bombe qui explose sur les réseaux sociaux de ses concurrents.

Chez Alcatel et Microsoft (Nokia), le choix a aussi été de prendre la parole via des communiqués sur les réseaux sociaux. Mais juste une fois, histoire de rappeler leur éthique « responsable » et de jurer qu’ils prendraient les mesures qui s’imposent. Voilà, ça c’est fait. Ça n’a pas convaincu les internautes mais, comme avec Wiko, cela a sans doute éviter d’envenimer la situation.

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Voici les réponses d'Alcatel Onetouch et Nokia sous la pression de consommateurs mécontents.

Y aura-t-il un avant et un après Cash Investigation ? Ceux qui se taisent aujourd’hui parient que non. Mais si la pression perdure, ces mêmes fabricants seront les principaux mis en accusation demain. Car si les consommateurs ne sont pour eux que des moutons, certains ont quand même de la mémoire. Martin Boudot, qui a réalisé cette enquête Cash Investigation, aimerait d’ailleurs « faire un droit de suite sur les prochaines années et les prochains mois ». On attend cela avec impatience.

Pour ceux qui n’auraient pas vu l’émission, voici le lien du Replay.