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Angleterre : les trafiquants de drogues hackent les cabines téléphoniques

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Un gang de dealers a réussi à détourner plus de 1,5 millions d'euros, avec une seule borne !

Vous les connaissez, vous les avez vu dans James Bond ou Harry Potter. Les célèbres cabines téléphoniques rouges britanniques ont fait leur temps. Pour les remplacer, l’opérateur BT, anciennement British Telecom, a fait appel à sa filiale InLinkUK. Cette entreprise est spécialisée dans la création de bornes téléphoniques nouvelle génération révolutionnaires : Wi-Fi public ultra-rapide, chargeur pour smartphone intégré, appels gratuits et une tablette pour accéder à différentes fonctionnalités, comme des cartes ou les sites des services publics. Une bien belle innovation détournée très rapidement par certains criminels.

Un moyen de communication entre dealers et clients

Vous vous en doutez, avec de telles possibilités (appels gratuits et anonymes, Wi-Fi haut-débit), des dealers se sont très vite rendus compte du potentiel « commercial » de ces bornes high-tech. Elles sont un excellent moyen de communiquer efficacement et discrètement avec leurs clients. Prise de rendez-vous ou de commande, quantité, type de drogue, tout se faisait dans la rue, aux yeux de tous. Le quartier de Tower Hamlets a été sévèrement touché. La police locale affirme que les 5 bornes installées dans ce secteur de Londres ont grandement facilité plus de 20 000 transactions illégales, en seulement 15 semaines.

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À WhiteChapel, tout près de la City londonienne (l’équivalent du quartier de la Défense à Paris), un autre rapport des forces de l’ordre prouve qu’une de ces cabines aurait rapporté à elle seule plus de 1,5 millions d’euros (1,28 millions de livres) à un gang.

Traquer les appels « anti-sociaux »

Pour mettre fin à ces détournements gênants et coûtants, BT et InLinkUK ont développé un algorithme miracle : il leur permet de traquer, bloquer, désactiver les appels dits « anti-sociaux », comprenez ceux qui ne ressemblent pas à une conversation lambda. Comment fonctionne cet algorithme ? Il analyse les fréquences des appels, la durée, la localisation des émetteurs et destinataires. Il compare ensuite ces informations avec les données de la police, et identifie les communications suspectes. Ceci fait, les numéros concernés sont immédiatement bannis du système, et ne peuvent plus utiliser les bornes.

Il faut néanmoins nuancer l’ampleur du phénomène. Les appels liés à des activités criminelles, comme la vente de stupéfiants, représente moins de 0,5 % des communications émises depuis ces bornes. Cette fonctionnalité de tracking légèrement liberticide devrait, il faut espérer, disparaître une fois le problème réglé.

Pour l’anecdote, InLinkUSA doit faire face à d’autres problèmes assez incongrues, notamment à New-York. D’après nos confrères de Engadget, certains utilisateurs s’amuseraient à détourner l’interface des bornes, pour regarder du porno en toute tranquillité dans la rue !