Amazon : la possible création d’un syndicat fait trembler le géant

Au sein de l’entrepôt de Bessemer dans l’Alabama, 5800 d’employés d’Amazon s’apprêtent pour la création ou non d’un syndicat. Une chose que le géant veut empêcher à tout prix.

Chez Amazon, on révèle d’ingéniosité pour développer de nouveaux moyens de paiement, comme ce système de paiement sans contact avec la paume de votre main. Chez Amazon, on investit 10 milliards de dollars pour envoyer 3000 satellites dans l’espace et fournir de l’Internet haut débit un peu partout. Et chez Amazon, on tremble à l’idée de voir le tout premier syndicat se former.

En effet, les 5800 employés de l’entrepôt de Bessemer dans l’Alabama s’apprêtent à voter ce 29 mars pour la création ou non d’un syndicat. Mais comment est née cette volonté de se syndiquer ? Prenez la montée en puissance du mouvement Black Lives Matter, l’incapacité d’Amazon de protéger ses employés durant la pandémie (un salarié est mort du Covid dans un entrepôt à New York), et des abus divers pour améliorer la productivité et fliquer les salariés et vous obtenez un meeting clandestin organisé sur un parking entre des employés et des responsables syndicaux durant l’été 2020. La première pierre du syndicalisme amazonien. 

« Nous considérons qu’il s’agit autant d’une lutte pour les droits civils que pour le travail. L’écrasante majorité, peut-être plus de 85% des travailleurs de cette usine sont afro-américains. Et leur principale préoccupation semble être qu’ils ne sont pas traités avec respect », assure le président du syndicat RWDSU Stuart Appelbaum dans les colonnes du site Bloomberg.

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Tout est bon pour empêcher la création de ce syndicat

Ces employés dénoncent des cadences infernales, des pressions permanentes et des méthodes douteuses qui consistent à mettre les salariés en compétition pour produire toujours plus. Dans certains entrepôts Amazon, les salariés peuvent jouer à des jeux d’arcade pour espérer gagner des prix comme des consoles de jeu ou des Apple Watch. Seulement, ces « jeux » exploitent la productivité des employés, comme ce jeu de course par exemple.

Pour que votre bolide arrive en premier, vous devez trier les colis le plus rapidement possible. Vous avez compris l’idée ? On fait passer le travail pour un jeu, on met les salariés en compétition et on trouve un moyen détourné de surveiller la productivité. Il faut rajouter à cela les efforts multiples de la direction de l’entrepôt de Bessemer pour convaincre les salariés d’oublier cette histoire de syndicalisme : recours pour retarder le scrutin, intimidation et harcèlement (certains reçoivent des dizaines de textos de la direction par jour), des tracts collés dans les toilettes, des réunions anti-syndicalisme…

« Nous n’avons de réunions pour savoir comment on va avec la pandémie, mais nous avons des réunions obligatoires pour nous expliquer à quel point les syndicats sont mauvais pour nous et l’entreprise », explique Joseph Jones, ouvrier pour Amazon, dans les colonnes du Parisien. Pour l’heure, près de 3000 employés sur les 5800 de l’entrepôt de Bessemer se disent favorables à la création d’un syndicat.

Source : Le Parisien


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