Addiction aux smartphones : les symptômes et nos solutions

L’apparition de nouvelles technologies s’accompagne toujours de nouvelles maladies, comme c’est le cas avec les téléphones portables.

Depuis l’apparition des smartphones dans nos poches, leur utilisation s’est invitée dans nos quotidiens de manière de plus en plus évidente. Il faut dire qu’avant que nos appareils ne soient connectés à Internet, nos téléphones nous servaient essentiellement à…téléphoner. Et puis c’est le drame ! La connexion au réseau en a accéléré les fonctionnalités et il faut bien reconnaître que l’éventail des possibilités nous facilite certaines pratiques.

Nos téléphones nous permettent par exemple de nous informer de l’état du monde, de faire toutes nos démarches administratives, de passer commande pour nos courses, de partager avec nos amis la photo de ce super hamburger que l’on a mangé à midi et de regarder dans le métro des épisodes de cette série Netflix nulle que l’on aime quand même.

L’un dans l’autre, si vous rajoutez la fonction de messagerie et d’appareil-photo, on s’aperçoit que notre téléphone ne quitte quasiment jamais nos mains, même tard le soir. Les répercussions sur notre santé sont notables et certaines très dangereuses.

Écran total

L’addiction aux téléphones portables est en effet une réalité et un joli mot a même été créé pour l’occasion pour la décrire : la nomophobie. Elle définit la peur de se retrouver sans son smartphone. Si vous vous voulez en faire l’expérience, enlevez le téléphone portable à un adolescent et certains adultes, et vous vous retrouverez devant un animal sauvage en manque qui vous donnera l’impression de revivre une scène du film L’Exorciste. C’est flippant et pourtant bien réel.

Une étude anglaise du King’s College de Londres, parue il y a quelques semaines dans la revue Frontiers in Psychiatry, a mis en lumière un vrai problème chez les plus jeunes d’entre nous. Menée sur un panel large de 1043 étudiants âgés de 18 à 30 ans, elle révèle que 4 personnes sur 10 souffrent de stress à l’idée de ne pas avoir leurs téléphones portables sur elles.

Plus des deux tiers de ces dépendants confient souffrir de troubles de sommeil, voire même d’insomnie. Bernadka Dubicka, coautrice de l’étude, se montre très préoccupée par ces résultats

L’impact négatif du téléphone sur le sommeil est très inquiétant pour ce qui est de la santé mentale. Beaucoup de jeunes ont rencontré des difficultés pour gérer leur sommeil ou leur santé mentale pendant cette pandémie.

La faute à cette maudite lumière bleue qui émane de nos écrans et qui nous envoie le signal que nous ne sommes pas fatigués même si le contraire est évident. Cette lueur ne permet pas à notre corps de sécréter de la mélatonine, connue comme étant l’hormone du sommeil. Alors nos yeux restent grands ouverts et fixent nos écrans (ceci est valable aussi pour les tablettes et les téléviseurs) comme des papillons sur un néon.

Mais ce n’est pas tout puisque le smartphone peut aussi endommager votre physique. La tête penchée sur votre écran de smartphone peut engendrer des douleurs au cou : c’est le « text neck ». Dans quelques années vous pourrez toucher votre propre bosse pour vous porter chance ! Dans un article sur les troubles musculosquelettiques, nous vous révélions que votre pouce fait 83 kilomètres par an sur votre écran : ce n’est pas anodin et cela n’épargne pas les épaules, les coudes, les poignets, etc.

Avant que tout cela ne devienne vraiment un problème dangereux dans votre vie, voici quelques conseils pour vous préserver d’un usage intensif et préjudiciable.

Rien à voir

La nomophobie définit la peur de se retrouver sans son smartphone.
La nomophobie définit la peur de se retrouver sans son smartphone.

La nomophobie peut en effet, au-delà de la perte de sommeil, également vous pousser à des comportements dangereux, comme regarder votre téléphone en traversant la route ou en conduisant par exemple.

Alors il est intéressant de faire aujourd’hui l’effort, si vous sentez que vous utilisez beaucoup trop vos smartphones, d’en baisser son impact sur votre quotidien.

Vous pouvez déjà le bannir de votre chambre. De ce fait, il ne pourra pas vous empêcher de vous endormir en vous faisant de l’œil avec son bel écran lumineux ! Encore mieux, éteignez-le de façon à ne pas être dérangé par les notifications. Les spécialistes du sommeil préconisent même d’éloigner les écrans de votre attention dès 21h.

Pour le rendre moins attrayant, il est possible également sur certains téléphones d’en supprimer les couleurs et de passer l’écran en noir et blanc. En faisant comme ça, vous allez vous rendre compte que vous perdrez moins de temps sur votre téléphone si ce n’est pour faire des choses importantes.

La plupart de ceux qui possèdent un smartphone passe en moyenne près de 3 heures dessus quotidiennement. Sur certains appareils, il est possible de surveiller son temps d’utilisation et de mettre une alarme quand une certaine limite est atteinte. Vous pouvez faire des expériences là-dessus et voir si vous arrivez à baisser cette limite un peu plus chaque semaine (la surcouche One UI de Samsung vous fait un bilan tous les lundis).

Profitez aussi de certains moments pour ne pas utiliser votre smartphone, quand vous allez chez des amis ou partez en vacances. Vous pouvez même tout simplement ne pas le prendre.

Enfin, si vous n’arrivez pas à vous limiter vous-même, vous pouvez vous faire aider par des applications comme Opal ou Unpluq qui vous accompagnent dans votre déconnexion en interdisant, par exemple, l’accès à certaines fonctionnalités ou sites passées certaines heures. C’est aussi ce que propose le mode Concentration appelé aussi mode Focus ou Sans distraction – Bien-être numérique depuis Android 9.

L’ultime solution consiste à utiliser un téléphone qui ne soit pas un smartphone comme le Nokia 5310. Avec un appareil comme ça, vous ne serez pas tenté de procrastiner : il ne propose ni WiFi, ni Internet mobile et il n’est pas possible d’installer d’applications.

Comme d’habitude, nous sommes donc ici face à un problème bien humain où un équilibre doit être trouvé entre l’utile et le futile.

Le Nokia 5310 : revenez en 2007 pour quelques dizaines d’euros…

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