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Acheter un smartphone en Chine : reconnaissance faciale obligatoire

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Une nouvelle loi contraint les citoyens chinois à enregistrer leurs visages lors de l’achat d’un smartphone en boutique.

Depuis le mois de septembre 2019, une directive du gouvernement chinois contraint l’ensemble des citoyens à enregistrer leurs visages à la suite de l’achat d’un smartphone dans une boutique. Cette mesure est censée « préserver les droits légitimes et les intérêts des citoyens en ligne ».

Dans les faits, les opérateurs téléphoniques ont l’obligation de vérifier l’identité réelle d’un individu via « l’intelligence artificielle et tous les moyens techniques possibles ». Chaque personne est scannée (sur les côtés et de face) et les données biométriques sont enregistrées et associées directement au propriétaire du smartphone fraîchement acquis. Cette mesure étant légèrement contraignante pour les vendeurs de smartphone et les utilisateurs, Pékin a assuré avoir « augmenter la supervision et les inspections ».

La lutte contre le trafic de carte SIM avant tout

Selon le ministère de l’Industrie et des Technologies de l’information, cette mesure a été mise en place avant tout pour lutter contre le trafic de carte SIM, ainsi que le vol d’identité. Sont-ce vraiment les seules motivations ? Au cas où vous ne le sauriez pas, l’anonymat est un doux rêve en Chine. Depuis 2013 les Chinois doivent justifier leur identité réelle pour profiter de tel ou tel service, ou pour acheter certaines technologies. C’est le cas des smartphones, pour lesquels une carte d’identité est systématiquement demandée lors de l’achat. Et un scan du visage désormais.

Pour autant, Pékin ne fait appel à la reconnaissance faciale que depuis peu de temps. Avec l’avènement du « crédit social » en 2019, le nombre de caméras a explosé en Chine, dépassant allègrement les 170 millions. Pour rappel, le « crédit social » est une mesure qui a pour vocation d’attribuer une note aux citoyens chinois. Selon leurs actions, bonnes ou mauvaises, une personne pourra perdre ou gagner des points. Et selon son nombre de point, il pourra accéder ou non à certains services publics (les pharmacies par exemple, trois fois rien), voire même à certains emplois.

Il pourra même se voir attribuer une sonnerie de téléphone pour marquer sa différence et être affiché comme un mouton noir. Une sonnerie de la honte, comme l’appelaient certains journalistes. Une belle idée pour mieux vivre ensemble. Pour assurer le succès et la pérennisation de cette mesure, le gouvernement chinois compte atteindre les 400 millions de caméras installées dans l’Empire du Milieu en 2020.

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Auteur Kevin Dachez