Pikmin Bloom : un jeu mignon, mais chiant

Créés par Shigeru Miyamoto, le papa de Mario et de Zelda, les Pikmins sont apparus sur Nintendo GameCube en 2001. De jeu de stratégie en temps réel, le titre mobile est devenu une variante de Pokemon Go utilisant la réalité augmentée.

Pikmin Bloom est plus une expérience de réalité augmentée qu’un jeu à proprement parler. C’est relaxant, c’est mignon, mais il n’y a pas de challenge. Pas de monstres à abattre ou de niveau à compléter. Mais alors qu’est-ce qu’on doit faire dans Pikmin Bloom ? Il s’agit de suivre votre Mii – un avatar que vous pouvez importer de votre compte Nintendo – sur une carte qui vous géolocalise en temps réel. Là où vous allez, votre Mii ira, suivi de ses fidèles Pikmins. D’une poignée, vous pourrez agrandir votre troupe en récupérant des « pousses » sur votre chemin. Ces poussent seront transformées en Pikmins si vos les placez dans des incubateurs. Il faudra alors marcher pour les faire « éclore ». Car oui, Pikmin Bloom compte vos pas !

Ça fonctionne si vous avez toujours votre smartphone dans la poche bien sûr. Si vous ne vous baladez pas suffisamment pour ramasser assez d’items, vous pouvez toujours envoyer vos Pikmins en expédition sans vous. Vous disposez aussi d’un bonus de 50 % sur la durée d’incubation si vous vous mettez à planter des fleurs sur votre chemin.

Je t’aime, un peu, beaucoup…

Pour cela il vous faut des pétales qui sont obtenus en donnant du nectar à vos protégés : il en existe de plusieurs couleurs (y compris des couleurs saisonnières) et si vous marchez souvent, vous allez recouvrir votre quartier d’un joli tapis coloré. Vous ferez aussi fleurir des points d’intérêt dans votre zone. Il y a les champignons qui peuvent être battus à mort (?), y compris en collaboratif, afin de récupérer des items et il y a aussi les fleurs géantes qui donnent des fruits. Si vous jouez avec un ami ou un petit frère, cela peut avoir un intérêt. Les fruits, qu’on peut obtenir aussi en se baladant, permettent de récupérer du nectar qui alimentera la réserve de pétales.

Bref il s’agit du schéma classique du Free2Play avec des badges pour certaines actions réalisées, une montée de niveau, des défis hebdomadaires, le déblocage d’un nouveau mécanisme ou d’une race de Pikmin, etc. Le plus amusant consiste à trouver des pousses près d’endroits différents pour obtenir un Pikmin costumé : avec une toque près d’un restaurant, avec un costume d’avion près d’un aéroport, avec des antennes d’insectes ou une couronne de fleurs à la campagne, etc. En interagissant avec ses Pikmins (nourriture, expédition, etc.), on peut aussi augmenter leur niveau d’amitié. Lorsqu’il atteint son maximum chez un spécimen, ce dernier ira vous chercher un cadeau là où sa pousse a été récupérée.

Un jeu aussi doué en économie que Bruno Lemaire

Pikmin Bloom est un jeu qui ne demande pas énormément d’investissement, mais on était en droit d’attendre mieux. Le jeu est pas mal buggé et si vous désirez faire une balade d’une heure en plantant des fleurs, votre batterie va fondre comme neige au soleil : ce n’est certainement pas le jeu que vous voulez sur un appareil qui est limité en autonomie.

Le problème vient aussi du système de microtransaction. Vous n’êtes absolument pas obligé de payer pour jouer et avancer dans Pikmin Bloom, mais l’économie du jeu est tout de même cassée avec des items qui coûtent une fortune pour pas grand-chose. Il vous faudra environ 2 € pour acheter 180 pétales blancs alors que vous pouvez très bien remplir votre flacon en très peu de temps sans vraiment faire d’effort. Idem pour le nectar. On se demande bien à qui s’adressent ces microtransactions. Au Prince de Qatar ans doute qui pourra dépenser 109,99 € pour acquérir la bagatelle de 14 500 pièces d’or. Que faire avec ce pactole ? Vraiment, on ne voit pas. À moins de vouloir absolument tous les costumes pour tous les types de Pikmins. La rumeur dit que c’est un ministre macronien qui s’est occupé de l’économie du jeu. Merci Nono. Bref, si vous aimez les Pikmins, rien ne vous empêche d’y jeter un œil, mais il ne faut pas en attendre grand-chose. À la rédaction, ça nous a surtout donné envie de sortir la GameCube du placard


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