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Breach & Clear

Un jeu tactique pour les amateurs de FPS

1.50€

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Note

Avant de s’engager dans ce test à la note plus que médiocre, il convient de préciser trois choses :

 

– La première, c’est qu’en grand amateur de jeux tactiques (Jagged Alliance, XCOM…) j’attendais Breach & Clear avec beaucoup d’impatience, et plaçait beaucoup d’espoirs sur ce jeu. Difficile alors de faire totalement abstraction de ma déception.

– La deuxième, c’est que paradoxalement, je n’ai aucune attirance particulière pour les gros fusils et l’idéologie militariste.

– La troisième enfin, c’est que Breach & Clear souffre de sérieux problèmes d’optimisation. Je sais bien que rendre un jeu compatible sur la totalité des appareils Android n’est pas une tâche aisée et que Breach & Clear vient tout juste de sortir, mais là encore, il est difficile d’en faire totalement abstraction.

Bug d'optimisation : sur tous les appareils testés les écrans de menu s'affichent au format iPad. Sympa.

 

Bien, passons aux choses sérieuses : Breach & Clear est mauvais.

Pas intrinsèquement mauvais, pas désespérément mauvais, juste assez mauvais pour nous frustrer terriblement et nous mettre en colère contre les développeurs. Il ne manquait pas grand chose pour faire de Breach & Clear un divertissement solide, mais il semble qu’au cours du développement Gun. et Mighty Rabbit aient enchaîné les mauvaises décisions, quand il y avait pourtant du potentiel…

Tout commençait si bien...

Tout bon jeu tactique se divise généralement en deux phases : il y a d’abord la phases de préparation, consistant à entraîner, équiper, et briefer ses soldats, puis celle d’action, de gameplay, consistant à déplacer les soldats sur la map, à élaborer des stratégies, et à remplir ses objectifs. Breach & Clear n’excelle dans aucune de ces deux phases…mais surtout pas dans la première.

 

L'embarras du choix...oui, c'est très embarassant

Tout commence par la création de son escouade. Pour notre plus grand plaisir, Breach & Clear nous offre une large variété de choix : choix du type de forces spéciales tout d’abord, puis, pour chaque membre de l’escouade, choix du nom, du portrait et de la spéciation…on bloque sur le portrait. Comment se fait-il que je n’ai pas envie d’avoir dans mon escouade une seule de ces faces de pets ? La modélisation en 3D est complètement ratée, et on a clairement l’impression que la moitié de ces personnages portent des lunettes de soleil pour masquer le fait que les graphistes ne savaient pas faire des yeux qui ne louchent pas. Le pire, c’est que ces modélisations ne sont réutilisés ni dans le jeu, ni dans l’aperçu du soldat en pied, à droite. Pourquoi dès lors ne pas avoir opté pour de simple portraits 2D ? La 3D, c’est comme les suppositoires, c’est pas obligatoire. Et puis où sont les filles ? Moi qui aime bien me constituer des équipes de nénettes me voilà bien. La personnalisation de l’équipe en somme n’est qu’une série de choix à contre-coeur, pour l’identification et l’attachement aux personnages, il faudra repasser.

 

Gun porn

Vient alors le moment de s’équiper : les amateurs de gun porn ne seront là pas déçus puisque c’est une trentaine d’armes qui sont à notre dispositions, et tout autant d’accessoires de vestes et de casques. L’amateur de jeux tactiques lui comprendra qu’il y a quelque chose qui cloche : si tout s’achète (moyennant s’il le faut quelques achats in-app s’il le faut), où est-ce donc le plaisir de ramasser une arme d’exception sur le cadavre encore fumant de sa victime ?

 

Military porn

Il y a enfin toute cet esthétisme militaire qui dégouline par tous les pores des menus : photographies de bidasses montant leur fusils, drapeaux, tons kevlars et kakis…si c’est quelque chose qui me rebute personnellement, je crois qu’il peut entre être de même pour une grande partie des amateurs de jeu tactique. Le stratège n’a aucune envie d’être un soldat, sinon, il jouerait plutôt à des FPS.

 

Côté préparation donc, c’est raté. On ne prend aucun plaisir à passer du temps sur les menus et à bichonner notre équipe, et on veut juste passer à l’action immédiatement, heureusement que Breach & Clear se rattrape un peu de ce côté.

 

L'idée de pouvoir choisir sa méthode d'entrée est intéressante

 

Car oui, côté gameplay, Breach & Clear se tient. Tactique en amont pour le choix des portes d’entrée et la manière de les forcer, infiltration, couverture, embuscades, orientations des champs de vision, spécialisations de soldats qui ont leur importance, deux modes de jeu (chasse au terroriste et désamorçage de bombe) pour varier les plaisirs…nous avons là affaire à un véritable jeu tactique, aussi bon qu’on pouvait l’espérer…sauf que quelques détails viennent obscurcir le tableau.

 

Oui oui, on est bien dans un tactical...

Le premier, et de loin le moins grave, ce sont les cinématiques. À la base, cela semblait même une bonne idée d’agrémenter le jeu de quelques cutscenes 3D, ça met un peu d’ambiance…sauf qu’après deux paires de missions, on finit par réaliser que ces cinématiques sont toujours les mêmes, où du moins qu’elles obéissent toujours aux même schéma et de déclenchent toujours aux même situations. À la longue, ça en viendrait donc plutôt à lasser, mais rien d’impardonnable, à cheval donné, après tout, on ne regarde pas les dents.

 

A plus Franco!

Non, le vrai problème, celui qui remet en cause toute la notion de jeu tactique et de gestion d’escouade, c’est l’absence de permadeath, de mort définitive. Perdez un soldat lors d’une mission, il reviendra frais et dispos pour la suivante. Dès lors, c’est tout le sentiment de stress au moindre couloir qui s’envole. N’ayant rien à perdre (si ce n’est du côté du score), pourquoi élaborerions-nous des stratégies complexes quand on peut foncer dans le tas et voir si ça passe ? Le facteur d’émotion principal dans le jeu tactique est généralement l’attachement aux membres de son escouade et la peur de les perdre, Breach & Clear, lui, passe royalement à côté.

 

Argent en promo!

Pour achever le tout, Breach & Clear est atteint de cette dégénérescence propre aux jeux mobiles : le Pay to Win. Payez, et vous aurez de meilleurs fusils. Payez, et vous gagnerez de la vie et de l’esquive. Payez, et vous doublerez vos revenus in-game ce qui peut-être retardera le moment où vous devrez payer une fois de plus. Le jeu semble tout à fait finissable sans le moindre achat in-app attention, mais le simple fait d’instaurer cette triche aux dollars dans un gameplay qui se veut hardcore suffit à décrédibiliser ce dernier.

 

 

Il ne fait aucun doute au final que Breach & Clear saura séduire les amateurs de guerre, pour les amateurs de jeux de guerre, en revanche, il lui faudra encore faire des efforts.

 

Et maintenant, en cadeau : le bug du nuage radioactif orange qui dégouline sur tout l’écran (Xoom 2) !

 

"Chef, il se passe quelque chose de pas net chef!"

 

"Mince! ça s'approche! Qu'est-ce qu'on fait chef ?"
Chef! Où êtes-vous ? Je ne vois plus rien! Aaaaarg!