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Rayman Fiesta Run

Comme son prédécesseur Rayman Jungle Run, Rayman Fiesta Run est un petit joyau, mais celui-ci est malheureusement recouvert d'une épaisse couche de crasse.

Comme son prédécesseur Rayman Jungle Run, Rayman Fiesta Run est un petit joyau, mais celui-ci est malheureusement recouvert d’une épaisse couche de crasse.

Avez-vous déjà joué à Rayman Jungle Run ? Si non, allez l’acheter tout de suite, les yeux fermés, car il s’agit sans aucun doute du meilleur platformer sur Android.

 

Totalement conquis par ce Rayman Jungle Run, nous étions enthousiastes de pouvoir tester sa suite, Rayman Fiesta Run. Nous ne nous attendions évidement pas à ce qu’il dépasse son prédécesseur, mais l’égaler ne semblait pas une tâche trop compliquée, quand les bases sont déjà posées…

Aaaah...Rayman Jungle Run...

 

Nous avons vite déchanté…

Extrêmement vite…

Comptez trente secondes…

 

Dès le premier écran, Rayman Fiesta Run nous demande de nous connecter à Google +. On ne veut pas se connecter à Google +, on veut juste jouer nous, alors on dit non.

 

Au second écran, Rayman Fiesta Run nous demande de nous connecter à notre compte gmail, sans non plus nous donner de bonnes raisons…puisqu’on vous a dit non !

 

Au troisième écran, voilà le logo de l’éditeur : Ubisoft bien sûr. Mais tiens, où est passé Pastagames, le studio responsable du premier opus ? Finie la collaboration en effet entre Ubisoft Montpellier et Pastagames, ce Rayman là a été confié à Ubisoft Casablanca. Bon, les précédents studios ayant déjà montré le bon exemple, ce ne devrait pas avoir trop d’incidence sur le jeu…

Vous voyez ce que je vois...?

 

Et voilà enfin l’écran d’accueil. Rayman au banjo, une grosse grenouille bleue qui joue des maracas..hé ! Il y a de l’ambiance par ici ! Nous nous attardons un peu, et deux détails commencent à nous inquiéter : la première, une mention « + de jeux Ubisoft » dans le menu à droite : Eh ho ! ! Du calme ! On a pas encore fini celui-là que vous vous voulez nous en vendre d’autres ? Le deuxième détail, c’est un hideux bouton Facebook en haut à droite, agrémenté de la mention « 500 Lums ». Doit-on comprendre qu’il faut payer 500 Lums pour se connecter à Facebook ? Ha nooon, qu’on est bête ! On reçoit certainement 500 Lums si on se connecte à Facebook…eh mais…ça veut dire que… ? Non…non, ce n’est pas possible…ils n’ont pas osé…

 

Vlan, nous nous sommes un peu trop attardé sur le menu alors voilà qu’un cinquième écran apparaît :

Sérieusement ?

Grande classe Ubi, grande classe.

 

Bon, n’explorons pas plus loin ces menus, et jetons nous à l’eau, on est là pour jouer après tout. Hop : Play !

 

Pas de bras, pas de chocolat !

L'interface pour les nuls

 

Étrangement, l’écran de sélection des niveaux a beaucoup changé. Dans Rayman Jungle Run, ceux là étaient simplement représentés par une grille de carrés à l’écran…et voilà qu’ici il se présentent comme sur une carte, avec ses détours et ses cadeaux à récupérer sur le chemin. Vous ne vouliez pas perdre les joueurs de Candy Crush c’est ça ? Vous savez, je suis sûr qu’ils auraient compris que toucher le carré avec le nom du niveau permettrait de lancer ce niveau…mais ceci n’est au fond pas si dérangeant, non, la chose qui à ce moment précis nous effraye, c’est ce gros + à côté du nombre de Lums, un + comme dans « Donnez nous PLUS de vrai argent pour obtenir PLUS de monnaie virtuelle ». Oui. Notre intuition était bonne : ils l’ont fait. Ils ont farci Rayman d’achats in-app.

"et n'oublie pas petit, quand tu auras fini le jeu en 2h grâce à ton pack ultime, tu pourras toujours cliquer sur Plus de jeux Ubisoft pour plus de fun!"

 

Ça part mal, ça part très mal. Mais à ce stade, nous ne sommes pas encore décidé à poser la tablette et à oublier Rayman Fiesta Run comme l’aurait fait n’importe qui de sensé : nous voulons tout de même jouer. Ils n’ont quand même pas pu TOUT foirer, si ?

 

…si ?

Bon, là faut bien reconnaître que ça en impose!

 

Pas grand chose à dire côté graphismes. Ceux-là ont été quelque peu modifiés, abandonnant le style très cartoon des personnages pour leur donner plus de profondeur. À la rédaction, on est partagés : certains préfèrent, d’autres pas, mais c’est de toutes façons assez discret pour ne pas porter à conséquence. Idem du côté de la musique, l’esprit du premier opus est parfaitement respecté avec des mélodies enjouées évoquant cette fois le style mariachi plutôt que la country-cajun.

 

 

Les bras m’en tombent…

 

 

Reste le gameplay, et évidemment, c’est là que ça coince. Évidement, avec les excellentes bases fournies par Rayman Jungle Run, Fiesta Run ne peut PAS être mauvais. Il peut en revanche être clairement moins bon. On court toujours de manière automatique, on saute toujours de partout pour récolter les lums, on cogne toujours avec son gros poing, on fait toujours l’hélicoptère avec nos cheveux…mais étrangement…le plaisir n’est plus là, du moins pas autant. On a l’impression d’une perte de fluidité, mais on ne parvient pas à en être sûr.

Le level-design pour les flemmards

 

Quoi qu’il en soit, le level design n’est pas au niveau, le principal ajout de Rayman Fiesta Run étant des champignons bleus vous téléportant vers d’autres d’autres plans du niveau. Ce n’est pas amusant, cela n’apporte rien au joueur, il s’agit juste d’une astuce de level designer pour ne pas avoir à créer un niveau intéressant sur un seul plan (forcément, quand tout est relié, c’est plus dur). Ha oui, et il y a aussi cette autre idée géniale : nous permettre d’acheter en début de niveau un powerup qui nous dicte le chemin à prendre pour finir le niveau à 100 %. Votre petit neveu de 3ans ½ appréciera peut-être, nous, on a juste l’impression d’être pris pour des cons.

Le gameplay pour les neuneus (ou les moins de 4 ans)

 

Enfin, Rayman Fiesta Run nous permet de débloquer différents personnages. D’accord, ça c’est sympa, on aime tout particulièrement le Rayman bleu qui a quand même vraiment la classe, mais cet aspect là est lui-même assombri par un bug : Si l’on change une fois de personnage, puis que l’on reprend Rayman, le personnage précédent sera re-sélectionné automatiquement à la fin de chaque niveau, nous obligeant à re-re-sélectionner Rayman. C’est agaçant.

 

Voilà. On a vidé notre sac. Ça va mieux maintenant.

La seule vue de cet écran devrait normalement vous faire prendre vos jambes à votre cou

 

Il nous faut maintenant reconnaître que si on parvient à faire abstraction de cette politique odieusement consuméristes, de cette orientation free2play et de tous ces petits (et gros) détails horripilants, Rayman Fiesta Run est amusant. On pourrait même dire qu’il s’agit d’un très bon platformer, mais il n’est aucunement à la hauteur de son prédécesseur, et tout ceux qui ont apprécié la fraîcheur de Jungle Run ne pourront qu’être horriblement déçu et souhaiteront comme nous lapider Ubisoft à coup de frites de piscine pour avoir sciemment gâché un tel potentiel.

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Auteur Pierre Corbinais