Test du Wiko Highway : Le Dual-SIM haut de gamme qui a du coeur

Le constructeur marseillais a les dents longues ! Wiko s’aventure sur le secteur des appareils haut de gamme. Le Highway propose toujours la connectivité Dual-SIM, mais se revendique clairement comme un appareil premium avec son design soigné, son écran à la définition impressionnante et son processeur octo-core… est-ce suffisant pour faire face au Nexus 5 de Google, lui aussi commercialisé à 349 €.


Oh ! Un Xperia Z ou Z1… c’est certainement ce que vous vous direz lorsque vous déballerez le Wiko Highway de son emballage. Soigneusement placé dans sa boîte en compagnie de son nécessaire de survie (comprenez le kit d’installation des cartes SIM, une paire d’écouteurs intra-auriculaires, le câble Micro-USB et son adaptateur pour le brancher au secteur, des embouts de rechange pour ces mêmes écouteurs…), le Wiko Highway vous étonnera de par son design premium. Wiko a décidé de s’affranchir de l’image de constructeur d’appareils d’entrée de gamme Dual-SIM en commercialisant le Highway, premier véritable smartphone Dual SIM haut de gamme. Le prix de lancement est de 349 €, sans abonnement, comme un certain Nexus 5, propulsé par le géant de Mountain View Google et le non moins géant constructeur sud-coréen LG.

Ergonomie et prise en main

Force est de constater que la prise en main se rapproche de celle que proposent les appareils du fabricant nippon Sony. Les tranches du Wiko Highway sont fines (7,7 mm) ce qui facilite la prise en main. Le poids du smartphone reste dans la norme des Androphones de cette taille d’écran (5 pouces, pour 154 grammes affichés sur la balance). 130 grammes pour le Nexus 5, 146 grammes pour le Z…, il reste cependant plus léger que le Xperia Z1 qui lui aussi dispose d’un écran de 5 pouces.

Wiko Highway
Le Sony Xperia Z1 à gauche (8,5 mm d'épaisseur) VS le Wiko Highway (7,7 mm d'épaisseur).

Cette finesse et ce poids plume peuvent desservir le sentiment d’assurance dans la tenue de l’appareil. Cependant le Wiko Highway a le mérite de ne pas tomber dans ce piège. Il viendra se nicher dans le creux de votre main, vous autorisant même à l’utiliser uniquement avec l’aide de votre pouce, qui viendra aisément balayer la totalité de l’écran.

Wiko Highway
Wiko n'arrondit pas les angles, les bords sont très marqués sur son Highway, une façon de renforcer la ressemblance avec les appareils de Sony.

Design

La montée en gamme de Wiko se constate par l’intermédiaire de son Highway et du choix des matériaux nobles qui le composent. Fini le plastique des précédents modèles (Cink Five, Cink Peax… oui, les appareils Wiko constituent une famille nombreuse), à la trappe les « cloc-cloc » (bruits de grincements) émis par la coque arrière lorsque vous la pressez. Le Highway arbore un design sobre, mais des plus élégant. Le verre constitue l’essentiel de la structure (cela ne vous rappelle rien ?), les contours sont forgés dans de l’aluminium. Vous remarquerez que les emplacements SIM (oui, il s’agit bien d’un mobile Dual-SIM) sont au nombre de deux. L’un est placé sur la tranche gauche, l’autre à droite, parallèlement. La coque ne peut être enlevée, vous accéderez aux emplacements SIM, sur les tranches, à l’aide du petit outil fourni dans l’emballage du Wiko Highway. Vous l’aurez donc compris, la batterie n’est pas accessible, ce qui représente un handicap si cette dernière venait à tomber en panne.

Wiko Highway
Le verre apposé à l'avant et à l'arrière apporte du cachet au Wiko Highway. Le constructeur marseillais ne joue plus dans la même division.

Il faut cependant rendre à César ce qui est à César. Ce n’est pas la première fois que Wiko propose autre chose que du plastique. Avec le Darkside, par exemple, disposait d’une coque en aluminium brossé. Une façon déjà, à l’époque, de s’affranchir du côté plastique = entrée de gamme. Un petit bémol, côté design, venant casser quelque peu la cohérence de l’habillage : le capteur photo de 16 Mégapixels, qui ressort de la coque, à l’arrière. Prenez garde à ne pas trop poser votre appareil trop violemment sur le dos ou l’APN viendra encaisser le choc.

Outre la famille des Xperia haut de gamme, le Wiko Highway affiche une certaine ressemblance avec le Huawei Ascend P6.

Écran

Le Wiko Highway est donc un appareil haut de gamme « petit-prix » doté d’un écran de 5 pouces. Côté écran, il rentre donc dans la catégorie des smartphones XXL (pas des phablettes !) comprenant des mobiles comme le LG G2 (5,2 pouces), le Sony Xperia Z ou encore l’Asus PadFone Infinity (ces deux derniers affichant une diagonale d’écran de 5 pouces). La dalle proposée sur le Wiko Highway affiche une définition de 1920 par 1080 pixels pour une résolution de 441 pixels. La fameuse limite à laquelle il vous sera très difficile de déceler le moindre pixel apparent a été franchie haut la main. Autant vous dire que même en vous collant le nez sur la dalle (ou même l’oeil), vous ne trouverez aucun pixel ne rentrant pas dans le rang. L’affichage est optimal, les angles de visions étendus. L’un des reproches à faire à la dalle qui équipe le Wiko Highway est sa luminosité, qu’il vous faudra ajuster en extérieur (ou dans une salle très éclairée, avec de néons par exemple) pour espérer voir ce qui y est affiché. L’autre écueil est à chercher, comme pour le design, à la sensibilité de l’appareil aux traces de doigts. Comme pour les appareils de Sony, mieux vaudra vous déplacer avec un petit chiffon. Votre écran aura tendance à marquer très facilement, surtout si vous avez les mains moites et que vous transpirez beaucoup à l’arrivée des beaux jours.

Wiko Highway
Un écran de 5 pouces est embarqué sur le Highway. Ce dernier offre des rendus qui flattent la rétine.

Interface et navigation

De nombreux testeurs et autres possesseurs du Highway ont rapporté des problèmes de bugs et de crashs répétés sur leur appareil récemment déballé. Pour corriger le tir, Wiko a publié aujourd’hui même une mise à jour visant à solutionner ces problèmes de stabilité.

Wiko Highway
Une mise à jour qui résout les problèmes de nombreux utilisateurs du Highway.

Le Wiko Highway est un faux Nexus Phone, car non élaboré par Google avec l’aide d’un constructeur. En d’autres termes, le smartphone du fabricant marseillais embarque une version d’Android (4.2.2 Jelly Bean) pure, sans ajout de la part du constructeur. Quelques applis sont préinstallées (un gestionnaire de fichiers pour explorer les entrailles de votre Wiko Highway, un antivirus, une appli de radio et un guide de démarrage pour guider pas à pas les débutants). Certains apprécieront cette sobriété, d’autres décrieront le manque de fonctionnalités qui forgent l’identité du constructeur (comme Sense chez HTC, ou le Knock Code de LG…). Au final le Wiko Highway a le mérite de ne pas noyer l’utilisateur sous un flot d’applis pas forcément utiles pour tout le monde. Le gros point noir reste le suivi des mises à jour. Vous l’aurez donc deviné, KitKat sur cet appareil, ce n’est pas pour tout de suite.

Wiko Highway
La note Wiko se ressent au niveau du design de certaines icônes, dans le lanceur d'applis ou dans les paramètres. Pas une grosse prise de risque, mais ici la sobriété paye.

Performances

Un processeur huit-coeurs made in Mediatek cadencé à 2 GHz ! 2 Go de mémoire vive ! Autant dire que le Wiko Highway en a sous le capot. Attention ! Ne tombez pas dans le piège du « plus c’est gros, plus c’est costaud ». Certes le Wiko Highway est impressionnant sur le papier, mais il n’écrase pas la concurrence. Il a les épaules, tout comme de nombreux autres appareils haut de gamme (et pas de plus récents : Samsung Galaxy S4, HTC One Max…), pour garantir une fluidité et une réactivité de tous les instants.

Wiko Highway
Certes le Wiko Highway, armé de ces multiples coeurs, écrase des appareils haut de gamme vieillissants. Il n'est cependant pas aussi performant qu'un Z Ultra, un Note 3 ou un LG G2. Le Snapdragon 800 de Qualcomm a le dernier mot...

Quoi qu’il en soit l’appareil de Wiko ne souffre d’aucun ralentissement. Il se comporte de la meilleure des manières, et ce qu’importe l’usage que vous lui intimez. Jeux vidéo en 3D gourmands en ressources, multitâche à outrance, film en HD, écoute de musique, bureautique. Prenez garde cependant. Le Wiko Highway, et son processeur huit-coeurs, monte vite en régime, ce qui entraîne une chauffe du smartphone accentuée par la coque en verre. Par moment, vous serez forcé de poser ce dernier sur une table car le smartphone sera tout simplement trop chaud pour vos petites mains.

Photo et vidéo

Outre les efforts du côté du design, voilà un autre secteur où Wiko, et sa montée en gamme incarnée par le Highway, étaient attendus. La capture photo et vidéo, dans la famille Wiko, cela n’a jamais été une réussite. Voyons comment se comporte le Wiko dans différentes situations.

Wiko Highway
De gauche à droite, la luminosité de la pièce a été baissée à chaque cliché pour arriver à un test dans le noir avec le flash embarqué. (Cliquez sur l'image pour l’agrandir).

Le Wiko Highway, en intérieur, respecte les couleurs des modèles, tant que la luminosité ambiante et l’éclairage restent corrects. Les couleurs chaudes (ici le rouge) ont tendance à être moins bien rendues dans les captures. Un voile froid plane au-dessus des photos. En revanche, dans le noir total, avec pour seule source d’éclairage le flash du capteur, la mise au point peine à se réaliser et le cliché est au final flou.

Wiko Highway
Cliché visant à évaluer la profondeur de champ offerte par le Wiko Highway.

En termes de profondeur de champ, le Wiko Highway saisit bien le modèle sur lequel le focus se fait (ici le personnage central) ainsi que le second plan. En revanche le premier plan est loin d’être net. Le flou gagne ce dernier (ici le bugdroid).

Wiko Highway
Le Wiko Highway dispose d'un Zoom x4. Poussé à fond, ce dernier force l'image à afficher du bruit.

En extérieur, le Highway sera plus sensible à la luminosité que d’autres appareils. Si cette dernière est trop forte, les bâtiments blancs ou clairs s’effaceront et du bruit fera son entrée sur les autres parties de l’image.

Wiko Highway
Cliché capturé en extérieur. Placée à gauche, l'image prise avec le Wiko Highway et son capteur de 16 Mégapixels. Sur la droite, le cliché a été capturé avec le LG G2 et son APN de 13 Mégapixels.

Enfin on termine avec un test selfie » (ou égoportrait, si vous êtes Québécois) de la caméra frontale qui fera son office pour vos visioconférences ou vos sessions tchat.

Wiko Highway
Selfie de Georges capturé en 8 Mégapixels avec la caméra frontale du Highway.

Pour la vidéo, nous avons soumis le capteur du Highway à deux épreuves. La première filmé un objet en mouvement. La seconde, capturer ce même objet, mais dans le noir. Sachez que l’appareil est capable d’enregistrer en 1080 p.

Première vidéo :

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Seconde vidéo :

[youtube id= »wgIh3ePrnD8″ mode= »normal » align= »center »]

L’appareil photo du Highway n’est certes pas ce qui se fait de mieux sur le marché du haut de gamme, mais il n’a pas à rougir de sa comparaison avec le Nexus 5. Les vidéos restituent fidèlement les couleurs et le bruit se fait discret.

Conclusion :

Le Wiko Highway ne rend pas une copie parfaite. Si de gros efforts ont été fournis par le constructeur marseillais du point de vue du design et des performances, tout en conservant ce rapport qualité-prix qui fait la force de la marque, certains manques se font remarquer. Tout d’abord au niveau des connectivités : pas de HDMI, ni d’affichage sans-fil, absence de slot Micro-SD qui limite l’espace de stockage à 16 Go, pas de NFC. Ensuite, en utilisation normale, l’appareil survivra difficilement une journée complète sans être rechargé en cours de route.

L’absence de 4G peut elle s’expliquer par la présence de slot Dual-SIM. En effet, le double support de carte SIM et la 4G sont deux connectivités qui, aujourd’hui, sont encore incompatibles. Enfin il y a le suivi des mises à jour d’Android qui n’est pas garantie par le constructeur Wiko (quid de la mise à niveau vers KitKat ?).

Malgré ses nombreux bons côtés (solidité du hardware, design plus que réussi, écran…) l’utilisateur ne peut s’empêcher de comparer l’appareil avec le Nexus 5 de Google et LG qui certes n’est pas Dual-SIM, mais qui a l’avantage de fixer la barre du rapport qualité-prix dans une autre dimension. Wiko ne perd pas pour autant le match par K.O. Le constructeur marseillais franchit une étape et prouve aux ténors du marché (Samsung, Sony, HTC, LG…) que le secteur haut de gamme ne leur est pas réservé.

Caractéristiques techniques

► Dimensions :

  • Hauteur : 144 mm
  • Largeur : 70 mm
  • Epaisseur : 7,7 mm

► Ecran : 5 pouces
► Poids : 154 g
► Autonomie :

  • Annoncée : 11,5h en communication
  • Batterie : Li-Poly 2350 mAh

► OS : Android 4.2 Jelly Bean
► Mémoire : 16 Go + 2 Go RAM

► Connectivité : Wi-Fi ; Dual-SIM ; Micro-USB ; Bluetooth
► Processeur : MediaTek MT6592 octuple-coeur 2 GHz
► Site : https://fr.wikomobile.com
► Appareil photo : 16 Mégapixels
► Vidéo : 1080p Full HD

Les notes de notre labo :

Performance

9

Design

8.5

Ergonomie

8

Fonctions

7

Qualité/Prix

7.5

GENERAL

8

LES PLUS
  • Finitions premium
  • Écran
  • Performant

 

LES MOINS
  • Pas de slot Micro-SD
  • Sensible aux traces
  • Chauffe