Test du Google Pixel 4 : une autonomie qui plombe tout

Après les Pixel 3 et 3 XL qui ont séduit les amateurs de photographie, puis des versions 3a et 3a XL plus abordables, Google a lancé la quatrième itération de son téléphone mobile. Présenté comme une bombe en ce qui concerne la partie photo, le Pixel 4 est assez peu inspiré sur le plan du design, même s’il propose un format très agréable en main…

Si vous n’avez pas aimé l’esthétique du Pixel 3, vous ne risquez pas d’apprécier le Pixel 4 : un front épais, pas d’encoche, des courbes sans originalité et une sorte de hublot au dos pour les capteurs photo. Un bon point cependant sur le côté compact de la bête. Il tient bien dans la paume et on peut l’utiliser à une main très facilement. Pas de prise jack avec ce modèle et pas de capteur d’empreinte digitale puisque l’appareil propose une reconnaissance faciale « plus » à l’instar de ce que l’on peut avoir sur iPhone. Pas de dual SIM non plus même si on peut avoir deux numéros avec le support de l’eSIM qui commence à se démocratiser en France. Autre déception : la version avec 64 Go de stockage est la seule disponible en France à l’heure où 128 Go est un minimum sur le haut de gamme…et pas moyen d’augmenter la capacité. Par contre la certification IP68 est de la partie. Quand même… Il faut dire que si le Pixel 4 est moins cher que ne l’était le Pixel 3 il y a un an (lancé à 769 € contre 859 €), il est en face de sérieux concurrents : OnePlus 7T Pro, Sony Xperia 5 et Galaxy Note 10.

Revenons rapidement sur la reconnaissance faciale qui est très performante, mais qui fonctionne de conserve avec le Motion Sense (oui, on dit « de conserve ». Je sais c’est troublant) . Il s’agit d’une nouvelle technologie qui détecte les mouvements aux alentours du smartphone. Avant même de le saisir, le Pixel va se « réveiller » et activer la reconnaissance faciale. Cette dernière est donc très rapide. Le Motion Sense sert aussi à piloter l’appareil : changer le morceau de votre playlist d’un balayage de la main ou jouer avec des Pokémons en réalité augmentée. Oui oui, c’est une fonctionnalité. Au final, ce Motion Sense est très « gadget » et ne nous a pas convaincu. Le Edge Sense qui consiste à presser le smartphone comme une bouteille de shampoing pour activer l’assistant Google est toujours présent.

Écran et performances au top

L’écran est constitué d’une dalle OLED de 5,7 pouces (14,5 cm) de diagonale qui profite d’un rafraîchissement de 90Hz comme les derniers OnePlus (même si selon les experts, Google se donne le droit de « repasser » en 60Hz quand il veut). La luminosité maximum est assez faible, mais ce n’est pas vraiment gênant à l’usage. Les couleurs sont bien retranscrites et on peut choisir entre 3 modes (naturel, contrasté et adaptatif). On note aussi le mode Ambient EQ, activé par défaut, qui ajuste dynamiquement l’écran en fonction des niveaux de luminosité environnants. Les couleurs deviennent plus chaudes avec une luminosité qui baisse (un genre de True Tone à la sauce Google). Côté performance, Google a fait confiance au Snapdragon 855 et 6 Go de RAM. Pas de surprise ici, on est dans le haut de gamme. Même s’il ne figure pas dans le Top 10 des smartphones les plus performants, il n’en est pas loin (son score AnTuTu est de 425.000 alors que le dixième est à 443.000). Pour le jeu, les applications lourdes (montage vidéo, etc.) ou le multitâches, c’est un sacré client.

Le meilleur en photo

Attaquons la partie cruciale pour un « Pixel » : la photo ! L’année dernière, Google avait surpris son monde en proposant un seul et unique capteur sur son appareil alors que les concurrents multipliaient les objectifs. Pour sa quatrième génération de Pixel, Google en a mis deux. Cette décision est très décriée. En effet, au lieu de proposer un module ultra grand-angle comme tous ses petits camarades, le Pixel 4 a préféré jouer la carte du téléobjectif en plus du module principal. À la rédaction nous sommes plutôt d’accord avec ce choix. L’ultra grand-angle est très «  gadget ». Même s’il a la cote auprès du grand public, il s’agit quand même d’un artifice qui ne convainc pas les photographes, qu’ils soient professionnels ou amateurs éclairés. Les déformations, même avec des corrections logicielles, sont trop prononcées. C’est sympa à utiliser, mais ce n’est « pas sérieux ». Les deux photographes de la rédaction n’utilisent jamais ces fonctionnalités.

Par contre, le choix d’un téléobjectif est aussi discutable. Pour son Pixel 3, Google avait démontré qu’on pouvait très bien avoir un zoom performant sans utiliser d’optique particulière. Ici nous avons donc le droit à un capteur principal de 12 mégapixels stabilisé et d’un téléobjectif 16 mégapixels qui ne propose qu’une focale x1,6 par rapport au capteur n°1 (27mm et 43mm). Voyons l’intérêt de la chose… Le capteur principal est au moins aussi bien que celui qui équipait le Pixel 3. L’ouverture passe même de f/1.8 à f/1.7 pour être plus à l’aise en condition difficile. De jour, c’est une merveille. Le Pixel 4 capture tout ce qui se présente comme si vous gardiez une image mentale de la scène : c’est très impressionnant. En condition plus difficile (pénombre, intérieur), c’est tout aussi réussi. Pour les photos avec du mouvement potentiel (photo de groupe en intérieur, groupe d’enfants) on arrive à de très bons résultats avec le mode rafale qui va forcément vous donner un très bon cliché sur la vingtaine capturée. Dans la nuit, c’est au moins aussi bon que sur le Pixel 3 avec cependant des lumières artificielles moins jaunes, plus proches de ce qu’on peut voir sur le Huawei P30 Pro. Le HDR fait des merveilles et il faudrait être très critique pour trouver des défauts.

Pour le téléobjectif, on comprend mieux le choix de Google au moment de zoomer dans des conditions lumineuses difficiles. Alors que même les meilleurs élèves utilisent le capteur principal pour zoomer dans la nuit (avec un zoom numérique pas top), ici le Pixel 4 utilise le second objectif jusqu’à x2 dans les mêmes conditions. Le message est clair ici : « hé les gars, notre zoom à nous, il fonctionne la nuit ! ». Le zoom hybride permet de multiplier la focale de base par 8. Même par jour très nuageux c’est très bon, le traitement logiciel est vraiment impressionnant. Ce n’est pas pour rien que c’est la première fois que nous mettons 10/10 pour la photo. En ce qui concerne les portraits c’est toujours une réussite avec un détourage nickel et une belle exposition. Notons enfin que bizarrement, le 4K à 60 fps n’est pas disponible sur le Pixel.

L’autonomie : erreur éliminatoire

Écran, OK. Performance, OK. Photo, OK. Mais qu’en est-il de l’autonomie ? Nous ne sommes pas du genre à aboyer avec la meute lorsque la caravane passe (?!), mais ici nous trouvons que nos confrères ont été trop sympas avec l’autonomie de la machine. Certes, ils pointent tous du doigt des lacunes, mais il faut aller sur Twitter pour voir les avis réels des testeurs. Sans doute trop occupés à rester en bons termes avec Google, les journalistes sont impitoyables sur les réseaux sociaux alors que les tests publiés sur les gros sites sont un peu plus « édulcorés ». Plutôt que de sortir les chiffres et les statistiques, nous allons vous expliquer pourquoi le Pixel 4 n’est pas un appareil endurant.

Sans carte SIM et sans utiliser l’écran ou ni aucune application, l’appareil « perd » 15 % de batterie en 10 heures alors que le Galaxy Note 10 (qui n’est pas un des meilleurs élèves) ne perd que 5 % dans le même intervalle. En utilisation « normale » (carte SIM dans un lieu avec une couverture moyenne + 40 min de jeu et 2 heures d’utilisation d’écran), l’appareil se retrouve en rade au bout de 10 heures. C’est trop insuffisant. Si vous utilisez votre smartphone comme un utilisateur assidu (et le contraire serait dommage avec une telle bombe), vous ne tiendrez pas la journée. Point. À côté, le Galaxy S10 fait figure de marathonien : c’est dire. Même en désactivant le Motion Sense et le « Always On », c’est compliqué. Alors bien sûr la charge rapide 18W permet de récupérer pas loin de 50 % en 38 minutes (1h26 pour passer de 4 % à 100%), mais on est loin des meilleures élèves de cette catégorie.

Notre verdict :

Alors que nous attendions un « super Pixel 3 », le nouvel appareil de Google déçoit. S’il est toujours un champion en photo, que ses performances sont au top et que l’écran passe à 90Hz, les menues améliorations proposées (Motion Sense, WTF ?) sont trop anecdotiques pour lui pardonner son autonomie. À ce niveau-là, c’est presque une faute professionnelle. Les photographes en herbe lui préféreront le Pixel 4 XL, plus à l’aise de ce côté.



Tests Prises de vue


Caractéristiques techniques du Google Pixel 4

► Dimensions :
Hauteur : 147 mm
Largeur : 68,8 mm
Épaisseur : 8,2 mm

► Écran : OLED 5,7 pouces (14,5 cm)

► Poids : 162 g

► Batterie : 2800 mAh

► OS : Android 10

► Mémoire : 6 Go de RAM + 64 Go de stockage

► Connectivité :
Wi-Fi 802.11a/b/g/n/ac
USB-C
Bluetooth 5.0
NFC
4G (LTE)

► Processeur : Snapdragon 855 8 cœurs cadencés à 2,84 GHz max

► GPU : Adreno 640

► Appareil photo : Capteur principal de 12,2 mégapixels (focale 27 mm équivalent argentique et ouverture f/1,7), téléobjectif 16 MP (43 mm – f/2,4) + capteur frontal de 8 MP (f/2)

► Résolution :443 DPI

► Définition : 2280 x 1080 pixels

► Vidéo : 4K à 30 fps (1080 à 120 fps & 720 à 240 fps)

► Date de sortie : Octobre 2019

► Site : https://store.google.com/fr/product/pixel_4

Les notes du Google Pixel 4 :
  • 9/10
    Performance - 9/10
  • 7/10
    Design - 7/10
  • 8/10
    Écran - 8/10
  • 10/10
    Photo - 10/10
  • 3/10
    Autonomie - 3/10
  • 7/10
    Qualité/Prix - 7/10
7.3/10

Les plus :

► Le meilleur « photophone » du moment
► Un format compact très sympa
► Très bel écran

Les moins :

► Une autonomie famélique
► 64 Go de stockage non extensible
► Pas d’ultra grand-angle