Test du Asus Zenfone 8 : petit, mais costaud !

Le Asus Zenfone 8 est un appareil un peu particulier dans le petit monde d’Android. Il s’agit en effet d’un smartphone compact avec un écran d’une diagonale de 5,9 pouces au lieu des +6,5 pouces que nous sommes habitués à voir. Mais Asus tente aussi le coup avec des composants haut de gamme. La firme taïwanaise réussira-t-elle son pari ?

Les appareils haut de gamme sont la plupart du temps des smartphones avec de grands écrans. Seul Apple avec son iPhone Mini fait une entorse à la règle et même si Xiaomi a tenté une incursion sur le segment des appareils « compacts » en 2019 avec le Mi 9 SE, cela s’est soldé par un semi-échec puisque la firme n’a jamais plus sorti d’appareils dans cette éphémère gamme « Small Edition ». Leader sur le segment du jeu mobile, Asus tente de se démarquer avec ses autres appareils. Les années précédentes, les Zenfone étaient les seuls à proposer des batteries de 5000 mAh (alors que c’était loin d’être la norme en 2017) ou cette fameuse caméra « Flip » depuis 2019 sur ses Zenfone 6 et Zenfone 7.

Cette année on a le droit à deux Zenfone 8. Le « Flip » donc, et le « tout court » qui lui aussi se démarque par sa taille avec une diagonale de 5,9 pouces (15 cm) alors que les appareils de plus de 17 cm sont légion. Dans cette catégorie, il est le seul avec le Pixel 5 à proposer ce gabarit plutôt réduit. Chez Apple il y a aussi l’iPhone 12 mini, mais bon c’est un iPhone : fermé et insipide. Le Zenfone 8 est sorti en mai 2021 au prix de 699 € pour la version 8 + 128 Go et 819 € pour 16 + 256 Go (mais on peut bien sûr le trouver à 624 € chez Rakuten). Voyons s’il tient ses promesses…

Une prise en main parfaite

Avec ses 169 grammes et sa taille réduite (14,8 x 6,8 x 0,9 cm) c’est un appareil qui tient parfaitement dans la paume et qui peut s’utiliser aisément à une main. On pourra lui reprocher son design plutôt basique, mais ce qui est le plus gênant c’est que ce petit diable chauffe rapidement. Ce n’est pas non plus rédhibitoire, mais lors de session de prise vidéo, de jeu ou de stream, la chaleur se fait sentir. Mais il faut dire qu’avec son SoC puissant, sa petite taille et l’absence de système de refroidissement élaboré, cela aurait pu être pire. Notez quand même que ce n’est jamais vraiment pénible et qu’en mode navigation ou lecture, il n’y a rien à signaler.

Le Zenfone 8 propose le son stéréo, un capteur d’empreinte sous l’écran, une prise jack sur la tranche supérieure et trois micros dont celui au dos qui permet de capter le son d’un sujet de manière optimale. Il affiche aussi une LED de notification sur la tranche inférieure très pratique lorsque l’appareil est posé la face sur une table. Enfin il est certifié IP68 et propose une compatibilité avec le WiFi 6E, cette nouvelle norme WiFi qui est en fait une amélioration du 802.11 ax. Plus à la pointe, tu meurs.

Un écran OLED 120 Hz qui n’a rien de « petit »

Nous l’avons déjà dit au début de ce test : l’écran du Zenfone 8 ne fait que 5,9 pouces soit un tout petit peu moins que 15 cm. Ce n’est pas si « compact » que ça si on compare sa taille avec des appareils de 2014 ou 2015, mais pour nous qui sommes habitués ces derniers temps à tester des smartphones avec des écrans de 16,8, 17 ou même 17,5 cm, cette taille réduite demande un moment d’adaptation… Mais elle finit par séduire. Non seulement la prise en main est bonne, mais elle ne pénalise pas du tout l’utilisateur lorsqu’il s’agit d’utiliser les applis, de naviguer, de lire ou même de regarder un épisode de Rick and Morty sur Netflix. Petite taille ne signifie pas écran au rabais. Ici on a le droit à une dalle OLED très bien calibrée de 445 DPI avec un taux de rafraîchissement de 120 Hz. La petite taille réduit de facto les reflets et la luminosité maximale est excellente. Rien à redire du côté de l’écran donc.

Des performances inédites sur un « compact »

Alors que les appareils qui se risquent sur ce gabarit réduit ne disposent jamais des meilleurs composants (les Pixel 4a 5G et 5 n’embarquent que des Snapdragon 765G par exemple), Asus a mis le paquet avec le Qualcomm Snapdragon 888 : la même puce que sur son ROG Phone 5, le OnePlus 9 Pro ou le Xiaomi Mi 11. Avec 8 ou 16 Go de RAM, c’est quand même gonflé ! Asus a même été jusqu’à proposer le même menu « gaming » que sur son dernier ROG Phone. Attention, même puissant, c’est un appareil qui n’est pas trop adapté au jeu en compétition à cause du poinçon sur l’écran et de l’absence d’un système de refroidissement digne de ce nom. Mais pour les petites parties dans le métro, c’est le top. On sent le savoir-faire d’Asus derrière ce Zenfone 8. C’est un concentré de puissance, un OVNI de poche.

Il fait le boulot en photo

Pas de téléobjectif pour le Zenfone 8 ! Ce n’est pas vraiment un problème puisqu’il n’est pas le seul dans cette catégorie. Pas de module « macro gadget » non plus et c’est une bonne nouvelle. On compte donc un objectif principal Sony IMX686 de 64 mégapixels et un ultra grand-angle IMX363 de 12 MP. Le moins que l’on puisse dire c’est que le HDR est à fond. C’est assez contrasté, mais ce n’est pas plus embêtant que ça. Les résultats sont meilleurs en mode 64 MP (par défaut l’appareil prend des clichés 16 MP avec le pixel binning) : plus détaillés et moins artificiels. Il faudra cependant de bonnes conditions lumineuses pour en profiter pleinement. Même sans zoom optique, il est quand même possible de recadrer tranquillement. Le réglage 16 MP par défaut est « tout terrain ». C’est réussi même si on note parfois un manque de netteté.

Ce n’est pas un Pixel 5, mais le Zenfone 8 propose des clichés de jour proches du OnePlus 9 ou du Mi 11. Le mode nuit est très bon à condition de rester bien immobile. Les éclairages artificiels ne sont pas un obstacle. Ça tire sur le jaune, mais nous avons l’habitude dans ces circonstances.

Notons d’ailleurs que le mode nuit est enclenché automatiquement et qu’il est possible de ne pas en tenir compte, ce qui n’est pas la cas sur tous les appareils. L’ultra grand-angle force lui aussi sur le HDR tout en ayant les défauts inhérents à ce type de focale : déformations, peu de détails en périphérie et du bruit numérique en conditions lumineuses difficiles. C’est quand même au niveau des appareils haut de gamme du moment. Pour faire simple, le Zenfone 8 n’est pas un appareil qu’on va choisir pour sa partie photo, mais il ne vous décevra jamais. C’est d’autant plus vrai que le mode portrait est très bon avec son ouverture simulée pour choisir l’intensité du flou en arrière-plan.

En mode selfie, le poinçon abrite un module de 12 mégapixels qui fait le job même si ce n’est pas vraiment un appareil à conseiller à Kévina. Pour la vidéo, le mode 1080p à 60 fps avec la stabilisation mécanique HyperSteady fait des miracles. En 4K 60 fps, c’est une stabilisation EIS qui prendra le relais (un procédé électronique qui compense le mouvement). Mais le Zenfone 8 propose aussi du 8K EIS à 24 fps : comme le Galaxy S21 Ultra.

Une autonomie en retrait

Bon, il fallait bien qu’il ait un défaut ce Zenfone 8… Si Asus a l’habitude de soigner ses batteries, ici la firme taïwanaise n’a pu ranger qu’un accu de 4000 mAh. Et avec un Snapdragon 888, c’est peu. En utilisation intensive vous allez devoir batailler pour finir la journée. Pendant notre période de test, nous avons quand même pu terminer la journée sans sacrifier le 120 Hz. Il faudra miser sur le mode sombre, en évitant de jouer ou de trop solliciter l’écran. Autre bémol, la charge rapide ne propose que du 30 W ce qui est un peu léger pour un appareil de ce standing : la batterie passe de 5 à 82 % en une heure. Il faudra compter 1h23 pour une charge complète. Le Zenfone 8 propose toutes les options de batterie intelligente des derniers ROG et Flip.

Notre verdict :

Le Zenfone 8 est un appareil unique. Alors que les technophiles qui veulent un smartphone compact avec les meilleurs composants ne trouvaient jamais leur bonheur, ils ont maintenant le bébé d’Asus à disposition. Xiaomi n’avait pas réussi avec son Mi 9 SE parce qu’il n’avait peut-être pas été jusqu’au bout du « délire » en proposant un SoC un cran en dessous de ce qui se faisait à l’époque (un Snapdragon 712 au lieu d’un 855). Ici Asus signe un appareil puissant et compact avec un très bel écran. Le côté photo est plus que satisfaisant. Si certains regrettent l’absence de téléobjectif, nous leur rétorquerons que le Pixel 5 n’en a pas non plus et que ça n’a rien de handicapant. Enfin, la batterie de 4000 mAh est un peu « juste » avec sa journée d’autonomie. Si vous voulez un appareil puissant, utilisable à une main qui prend de belles photos, foncez !

Tests prises de vue

Caractéristiques techniques du Asus Zenfone 8

► Dimensions :
Hauteur : 148 mm
Largeur : 68,5 mm
Épaisseur : 8,9 mm
► Écran : AMOLED 5,9 pouces (15 cm) 120 Hz
► Poids : 169 g
► Batterie : 4000 mAh avec charge 30 W
► OS : Android 11 + ZenUI 8
► Mémoire : 8 ou 16 Go de RAM LPDDR5 + 128 ou 256 Go de stockage UFS 3.1
► Connectivité :
Wi-Fi 802.11a/b/g/n/ac
USB-C
Capteur d’empreinte digitale sous l’écran
Bluetooth 5.2
NFC
jack 3,5 mm
5G
Dual-SIM (ou nano SIM + microSD)

► Processeur : Qualcomm Snapdragon 888, 5 nm, 8 coeurs (2,84 GHz max)
► GPU : Adreno 660
► Appareil photo : Capteur principal Sony IMX686 64 mégapixels (f/1.73 – 26,6 mm équivalent argentique) avec stabilisation optique, ultra grand-angle 12 MP (f/2.2 – 14,3 mm) + un 12 MP (f/2.45 – 27,7 mm) en frontal.
► Résolution : 445 DPI
► Définition : 2400 x 1080 pixels
► Vidéo : 8K à 24 fps, 4K à 60 fps ou 1080p à 60 fps avec stabilisation HyperSteady
► Date de sortie : Mai 2021
► Site : https://www.asus.com/fr/Mobile/Phones/ZenFone/Zenfone-8/

Les notes du Asus Zenfone 8 :
  • 9/10
    Performance - 9/10
  • 8/10
    Design - 8/10
  • 9/10
    Écran - 9/10
  • 7/10
    Photo - 7/10
  • 6/10
    Autonomie - 6/10
  • 8/10
    Qualité/Prix - 8/10
7.8/10

 

Les plus :

► Unique avec sa taille réduite et son SoC puissant
► Très bel écran
► IP68 + prise jack !

Les moins :

► L’autonomie aurait pu être un poil meilleure
► Pas de charge rapide