Test de l’ASUS ROG Phone 3 : il ne se repose pas sur ses lauriers

Troisième année et troisième itération pour le ROG Phone d’ASUS ! Alors que ce marché connaît peu de concurrence, la firme taïwanaise pourrait très bien se la jouer «FIFA» et proposer une version à peine améliorée de son bébé. Ce serait bien mal connaître l’esprit «Republic of Gamers»…

Sorti en version 12 Go de RAM à 999 € et en version 16 Go de RAM à 1099 €, le ROG Phone 3 se situe dans la sphère des appareils onéreux. Alors bien sûr, il est déjà bien plus abordable un peu plus de deux mois après son lancement (le ROG Phone 3 se déniche actuellement à 557 € chez Rakuten ou à 598 € à la FNAC), mais il joue clairement dans la même catégorie de puissance que le OnePlus 8 Pro, le Xiaomi Mi 10 Pro ou le Samsung Galaxy S20 Ultra, même si c’est clairement le Blackshark 3 qui est son concurrent sur ce segment.

Quand nous entendons nos confrères parler d’un design «passe-partout» pour ce smartphone, nous ne sommes pas d’accord avec le terme. Il est tout sauf passe-partout. À l’heure où 70 % des smartphones se ressemblent, c’est quand même agréable d’avoir un modèle qui se démarque. C’est tout de même un appareil qu’on peut sortir en toute occasion sans pour autant de faire afficher. Si vous voulez vous fondre dans la foule, libre à vous de ne pas activer le logo dorsal à LED. Et puis à la rigueur, pourquoi ne pas le faire ? N’ayez jamais honte d’être un joueur de jeux vidéo !

Smartphone gaming oblige, pas de poinçon à l’horizon ou de bords incurvés, mais une belle dalle plate comme un monolithe et des extrémités qui cachent des haut-parleurs stéréo. Sur les tranches latérales, on trouve la connectique d’ASUS qui permet de brancher les accessoires (le bouchon de protection en caoutchouc n’est pas facile à déloger, et cette année, il y en a plusieurs dans la boite en cas de perte).

Sur l’autre tranche on a les classiques boutons de démarrage et de volume, mais on trouve aussi les AirTrigger, les gâchettes tactiles programmables toujours aussi sympas : elles sont idéalement placées et comportent maintenant deux surfaces de contact par gâchette pour avoir le même nombre de possibilités que les joueurs console. Anecdotique, mais forcement indispensable : la possibilité de déclencher une action (comme recharger une arme) en basculant le téléphone de bas en haut.

Côté son, ASUS a supprimé le jack sur le téléphone, mais on en trouvera un sur le ventilateur «Aeroactive Cooler» livré avec l’appareil histoire de ne pas se fâcher avec les aficionados du filaire (une invention qui date de 1877 figurez-vous !)

Le rendu général et la spatialisation signée Dirac sont impeccables en jeu ou pendant une session Netflix. Il est aussi possible de créer plusieurs profils sonores. On peut aussi parler du microphone supplémentaire au dos de l’appareil (comme sur le Zenfone 7 que nous testerons très prochainement ici) : c’est une idée toute bête, mais elle permet de capter un son parfait lors des enregistrements vidéo.

Écran et performances hors norme

L’écran d’un smartphone gaming doit être irréprochable, mais surtout plat et avec un rafraîchissement élevé que ce soit au niveau de l’affichage ou de la surface tactile. Ici ASUS emploie une des premières dalles 144 Hz (240 Hz pour le tactile). Le 120 Hz n’est plus une rareté, mais qu’en est-il du 144Hz ? Pour que les développeurs puissent intégrer cette technologie aux jeux, ASUS leur fournit directement le SDK : on peut donc compter sur de plus en plus de jeux compatibles.

L’année dernière le retard tactile était de 50 ms. Il est de 19 ms pour ce ROG Phone 3. Rappelons que la belle dalle OLED de 6,59 pouces (16,7 cm 2340 x 1080 pixels) est aussi paramétrable en 60, 90 et 120 Hz et qu’elle comporte moult réglages dans le système pour répondre à vos moindres attentes. Pourquoi 9 et pas 10/10 ? Nous trouvons la luminosité minimum légèrement trop élevée. Eh oui, on est un peu chiant.

En ce qui concerne la puissance, nous avons ici affaire à une puce Snapdragon 865+ avec donc 12 ou 16 Go de mémoire vive DDR5 et 512 Go de stockage interne au standard UFS 3.1. Certes, dans l’absolu le dernier né de Qualcomm est un peu décevant cette année, mais après tout on ne peut pas avoir un gain de puissance de 50 % tous les ans. Cette version «plus» est tout de même 10 % plus véloce que le processeur le plus rapide. Au final, l’ASUS ROG Phone 3 est au sommet du classement AnTuTu d’octobre. En jeu, il écrase tout alors ne l’imaginez même pas ramer en ouvrant un PDF…

Solide en photo…

Passons sur le module macro qui n’a pas grand intérêt pour parler du très bon objectif principal de 64 mégapixels (16 MP par défaut avec le pixel binning activé). Comme l’année dernière, ASUS n’a pas laissé de côté la photo. Les clichés sont très bons : avec de bonnes conditions lumineuses et en mode 64 MP, c’est presque parfait. De nuit, on distingue un peu de bruit autour des sources lumineuses, mais rien de bien méchant. L’ultra grand-angle de l’année dernière a été conservé et n’a pas vraiment évolué : il fait le job.
Notons enfin que l’ASUS ROG Phone 3 filme jusqu’en 8K. Une fonctionnalité qui commence à se populariser, mais qui montre ses limites en 30 fps. Le 4K en 60 fps est bien meilleur.

Une charge intelligente

ASUS est depuis longtemps très attaché à l’autonomie et forcement sur ce genre d’appareil gourmand, on les attend au tournant. Et non seulement ils ne déçoivent pas avec une endurance solide (presque 2 jours en mixte et 8 heures en jeu), mais ils réussissent aussi à proposer une charge rapide 30 W correcte au vu de la capacité peu commune de l’accu (100 % en 63 min – de 8 % à 68 % en 35 min). Cacao sur le tiramisu, ils proposent deux modes de charge intelligents :

► Slow charge 10W > pas besoin de surcharger la batterie avec du 30 W si c’est pour la nuit
► Smart charge > se synchronise sur le réveil ou un événement particulier (départ de train, etc.)

Pas mal lorsqu’on sait que les batteries sont très sollicitées lorsqu’elles connaissent beaucoup de cycles de charge/décharge. Une habitude fréquente chez les gamers.

Comme l’année dernière, il est possible de choisir un environnement gaming avec ROG UI ou de choisir un système plus classique avec le Zen UI. La première configuration permet de retrouver ses jeux dans une bibliothèque dédiée, de gérer les gâchettes et les accessoires. En parlant des accessoires d’ailleurs, sachez que même si ASUS propose de nouvelles manettes Kunai ou un nouveau TwinView Dock 144 Hz, les périphériques du ROG Phone 2 fonctionnent très bien avec ce nouveau smartphone.

Notre verdict :

Le ROG Phone 3 est un appareil pour les gamers créé par des gamers. C’est pourtant un appareil puissant qui ne fait pas l’impasse sur la photo ou sur le confort d’utilisation. Notons aussi qu’il est assez réussi au niveau du design sans vous coller une étiquette si vous le sortez en réunion. Enfin, vous pouvez «upgrader» votre ROG Phone 2 vers cette nouvelle mouture sans avoir à racheter vos accessoires et ça, c’est très appréciable. C’est le nouveau roi… jusqu’à l’année prochaine.


Les meilleurs prix du ASUS ROG Phone 3 :


Tests prises de vue


Captures d’écran

Caractéristiques techniques du ASUS ROG Phone 3

► Dimensions :
Hauteur : 171 mm
Largeur : 78 mm
Épaisseur : 9,9 mm
► Écran : 6,59 pouces (16,7 cm) AMOLED
► Poids : 240 g
► Batterie : 6000 mAh
► OS : Android 10 + ROG UI
► Mémoire : 12 ou 16 Go de RAM LPDDR5 + 512 Go de stockage UFS 3.1
► Connectivité :
Wi-Fi 802.11a/b/g/n/ac/ax
USB-C
Capteur d’empreinte digitale intégré à l’écran
NFC
Bluetooth 5.0
5G
Dual-SIM

► Processeur : Snapdragon 865 Plus (8 cœurs cadencés à 3,1 GHz max)
► GPU : Adreno 650
► Appareil photo : Capteur principal Sony IMX 686 de 64 mégapixels (ouverture f/1.8, focale 26,6 mm en équivalent argentique), ultra grand-angle 13 MP (125° – 11 mm), capteur macro 5MP + 24 mégapixels en frontal pour les selfies (27 mm)
► Résolution : 391 DPI
► Définition : 2340 x 1080 pixels
► Vidéo : 8K 30fps ou 4K/1080 60fps
► Date de sortie : août 2020
► Site : www.asus.com/fr/Phone/ROG-Phone-3


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Les notes du ASUS ROG Phone 3 :
  • 10/10
    Performance - 10/10
  • 8/10
    Design - 8/10
  • 9/10
    Écran - 9/10
  • 8/10
    Photo - 8/10
  • 9/10
    Autonomie - 9/10
  • 8/10
    Qualité/Prix - 8/10
8.7/10

 

Les plus :

► Puissant et définitivement orienté «gaming»
► Une dalle qui n’est jamais prise en défaut
► Compatible avec une majorité des précédents accessoires «gaming»

Les moins :

► Un objectif macro ? Pourquoi ?