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Le jeu Android de la semaine : Wild Blood

Par Pierre Corbinais

Second jeu Android à utiliser le moteur Unreal (après Horn), Wild Blood était évidemment très attendu. Pas de mauvaise surprise, mais malheureusement pas de bonne non plus, Wild Blood est un pur produit Gameloft avec les qualités et défauts qui leur sont inhérents.

En nous narrant l’histoire de Lancelot, Chrétien de Troyes s’était bien gardé de nous parler du moment où Morgane a ouvert les portes de l’Enfer et laissé les démons déferler sur le monde. Heureusement que Wild Blood vient rétablir la vérité. Nous incarnerons donc un Lancelot sans cheval ni charrette chargé de renvoyer ces abominations d’où elles viennent.

Étant basé sur le moteur Unreal (Unreal Tournament, Deus EX…), c’est sans surprise que l’animation 3D de Wild Blood est impeccable. Elle n’égale peut-être pas celle des dernières consoles, mais hé ho, n’oublions pas qu’on joue quand même sur une tablette d’un centimètre d’épaisseur.

 

Notons quand même que pour la première fois, Gameloft nous a concocté un jeu qui n’est ni issu d’une licence connue, ni franche copie d’un jeu console. On pourrait bien voir des similitudes avec God of War ou Devil May Cry par exemple, mais l’univers est bel et bien original, mélangeant monstrueuses créatures et chevaliers de la table ronde. La firme Gameloft aurait-elle enfin gagné un peu de confiance en soi ? En voilà une bonne nouvelle !

 

"I'm sexy and I know it"

L’excitation retombe pourtant assez vite quand les premiers défauts du jeu se font sentir. Le premier, ce sont les bugs. Sur Nexus 7 du moins, le jeu à tendance à freezer tous les quart d’heures, nous obligeant ainsi à le fermer et à reprendre de notre dernière sauvegarde. Fermons les yeux sur ce problème d’optimisation qui devrait à priori être corrigé et intéressons-nous au gameplay lui-même.

 

Aïe...

Sur de nombreux points, Wild Blood ressemble au Dark Knight Rises de Gameloft également : la visée est semi-automatique pour encourager les débutants, et les combats sont funs à jouer et agréables à regarder. Malheureusement, les défauts de gameplay de ce Dark Knight Rises sont là aussi : caméra très peu pratique, parenthèses puzzle inutiles et éternels boutons tactiles. En effet, même si Wild Blood a fait l’effort d’un stick mobile, les boutons sont bien là, cherchant une fois de plus à transformer notre tablette en manette de console et méprisant effrontément les qualités de l’écran tactile. Notons tout de même pour sa défense que Wild Blood a intégré quelques petites fonctionnalités amusantes telles que le « slide to unlock » pour littéralement déverrouiller les portes. Ça fait au moins sourire.

 

Slide to Unlock. Apple va-t-il intenter un procès à Gameloft ?

Ces défauts sont finalement ceux habituellement rencontrés dans une bonne partie des jeux du genre et ne ternissent pas pour autant la qualité de Wild Blood. Mais il en reste un cependant qui reste au travers de la gorge. Mais oui, c’est lui, vous l’avez deviné :

 

Achète lapin!

L’achat in app.

 

Une fois encore, rien de surprenant de la part de Gameloft, mais Wild Blood pousse le bouchon un peu loin avec une courbe de difficulté complètement biaisée. On traversera ainsi un premier chapitre tutoriel plutôt facile jusqu’à rencontrer le terrifiant dragon-de-l’achat-in-app qui viendra nous apporter la dernière leçon : « Si tu ne veux pas galérer pendant trois plombes coco, il faut passer à la caisse ». Le jeu étant linéaire et entièrement scénarisé (pas de respawn des monstres notamment), il sera impossible de farmer pour récupérer de l’or. Gameloft peut ainsi contrôler parfaitement la difficulté du jeu et la booster de plusieurs crans de temps à autres pour nous faire lâcher quelques euros supplémentaires. S’il demeure possible de jouer sans débourser un centime grâce à un peu d’entraînement, les sursauts de difficulté destinés à nous faire payer apparaissent si évidents que c’en est désagréable…un peu comme un spot de pub au milieu de notre émission préférée. La différence, c’est qu’on a payé pour cette pub.

 

Ok, maintenant je suis en colère!

La conclusion, c’est que Wild Blood est un bon jeu, impressionnant graphiquement, mais qu’il ne coûte certainement pas 5,49€.

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Pierre Corbinais

Auteur : Pierre Corbinais